La transmission des entreprises, nous l’avons évoqué à maintes reprises, est une phase difficile de la vie. C’est une préoccupation majeure aujourd’hui des organismes, cabinets conseils, experts comptables, partenaires bancaires qui travaillent aux côtés des entrepreneurs. Tous cherchent le meilleur moyen de sécuriser la transmission pour éviter la disparition d’entreprises, trop souvent la conséquence d’un manque d’anticipation.
Charles MARTINEZ se montre quelque peu fataliste sur le sujet : « Nous sommes de plus en plus nombreux à dire aux chefs d’entreprise qu’il est nécessaire d’anticiper cette phase de vie de l’entreprise. Malgré cela, les préparations sont toujours aussi mal menées … quand elles le sont ! Je pense que le frein majeur est d’ordre psychologique : les gens ne veulent pas penser à transmettre car ils ne veulent pas vieillir ! Un lien affectif s’établit avec son entreprise … peut-on aller jusqu’à dire qu’elle s’apparente à son enfant ?? Et comment se préparer sans douleur à se séparer de quelqu’un qu’on aime ?? Pour peu que le chef d’entreprise soi seul, là cela devient vraiment difficile.
Peio OLHAGARAY est plus nuancé sur le sujet : « C’est un domaine plus difficile à accompagner. Transmettre suppose savoir bien anticiper le moment de cette transmission, et aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Nous travaillons sur un outil en ce sens. Aujourd’hui, l’évaluation des entreprises est faite à partir d’éléments internes à l’entreprise (chiffre d’affaires, résultats, actifs…). Ce qu’il faut selon moi, c’est contextualiser l’entreprise, adosser à son évaluation le poids de son environnement, objectiver en quelque sorte l’analyse financière faite.
68 % des entreprises qui vont céder la main dans 5 ans n’ont pas ouvert le chantier … c’est regrettable car c’est un moment de fragilité important qui mérite plus d’attention, de temps, d’anticipation et de conseils. Nous cherchons à nouer des partenariats pour mieux accompagner les transmissions. Nous allons beaucoup nous appuyer sur l’ESTIA, aux fin d’aider tout entrepreneur à faire des performances économiques, et ainsi maintenir et augmenter sa compétitivité, et donc la valeur de son entreprise.
Un secteur souffre particulièrement au niveau de la transmission au Pays Basque, c’est l’hôtellerie. Beaucoup d’hôtels sont sous la contrainte des mises aux normes, et bon nombre d’entre eux ne seront pas repris, car la dynamique commerciale actuelle ne permet pas d’absorber le coût des investissements nécessaires
lundi 26 mai 2008
Transmettre son entreprise : une phase difficile au Pays Basque comme ailleurs
jeudi 22 mai 2008
Quel profil type pour un créateur en 2008 au Pays Basque
Peio OLHAGARAY de la CCI nous répond : « La création se porte bien au Pays Basque, le CFE de la CCI à enregistré en 2007 1445 créations d’activité. 70 % se font dans le secteur des services (tourisme, accompagnement des personnes …). Le profil type du créateur est un homme ou une femme de plus de 30 ans, avec au moins 5 ans d’expérience. La pérennité « juridique » à 3 ans de nos entreprises créées est de 73 % (elle de 66 % au niveau National). Mais ce qui nous intéresserait plutôt, c’est de connaître la pérennité économique (les entreprises qui ont atteint leur objectif d’activité) ».
La plateforme BULTZA, par la voix de son directeur Charles MARTINEZ, enregistre une prédominance des activités liées au bâtiment : « Jusqu’à présent, le lauréat type accompagné par Bultza (pays basque intérieur) est une création, dans l’activité du bâtiment (40 % des dossiers), avec 2 personnes actives. L’artisanat regroupe 80 % des dossiers, le commerce 20 %. »
lundi 19 mai 2008
Le coût de la création ou de la reprise est-il plus élevé au Pays Basque
Marie Annick MOURGUIART le souligne ainsi : « Les affaires sont souvent sur-estimées. Dans les pharmacies notamment, il n’est pas rare de recevoir des demandes de financement sur 130, 140 % du CA annuel. Même avec un apport de 30 %, cela revient à une demande de prêt représentant plus de 100 % du CA. Mais certaines personnes veulent absolument s’installer au Pays Basque, alors ils acceptent de « sur-payer » une affaire sans avoir toujours conscience des difficultés futures auxquelles ils s’exposent. Sur 2007, le crédit agricole a ainsi refusé d’accompagner plus de reprises que par le passé, pour des projets jugés « déraisonnables » et risqués pour le repreneur. »
Charles MARTINEZ, Chambre des métiers, relève un impact direct sur certains secteurs : « Les activités de production sont en berne. Nous souffrons du niveau élevé du prix des terrains et même des locations. Nos voisins landais offrent des zones d’implantation moins onéreuses, et les activités de production, sensibles aux coûts de revient de leurs produits, ont tendance à migrer plus au nord ».
Benoît JUPONT a créé en 2005 une SARL pour la vente et l’installation de cuisines sous la marque IXINA. Il n’est pas originaire du Pays Basque et nous fait part de son expérience : « Pourquoi le Pays Basque : c’est un beau pays ! C’est très agréable d’y vivre. Mais l’immobilier y est très cher : l’impact se retrouve autant sur le volet privé que professionnel. Je loue actuellement le bâtiment dans lequel je suis installé. Je cherche à acquérir un emplacement pour y transférer mon activité, mais les prix sont exorbitants, et il faut tout de même trouver un bon emplacement, dans une zone de passage. On trouve beaucoup de bâtiments à louer en ce moment, mais peu à acquérir, les propriétaires ne veulent pas vendre pour ne pas décapitaliser. Je suis plus connu aujourd’hui en tant qu’enseigne et entreprise, mieux inséré dans le tissu économique local, ça devrait donc être plus facile. »
mardi 13 mai 2008
Le financement du PROJET de CREATION en FRANCHISE
Exemple de projet Franchisé, Benoît JUPONT nous explique comment il a réalisé son financement :
Aucun prêt à taux réduit, aucune garantie n’est apportée par la franchise. Ils m’ont donné le nom de leurs 2 partenaires bancaires : le Crédit Agricole et la Banque Populaire à qui ils ont transmis mes coordonnées. Ceux-ci m’ont contacté. J’ai aussi fait appel à la BNP et à mon partenaire bancaire « historique » : la société générale. J’ai finalement trouvé la qualité d’écoute et la compréhension du projet les plus satisfaisantes auprès du Crédit Agricole Pyrénées Gascogne avec qui j’ai finalement travaillé."
Après quelques années d’activité, Benoît JUPONT porte un regard satisfait sur son initiative.
" Moins de stress aujourd’hui, on prend beaucoup plus le temps de vivre. Nous avons 4 salariés, il faut que notre activité se développe. Nous avons établi avec des artisans indépendants une charte de qualité pour préserver l’image de nos produits et garantir leur installation.
Le négatif : L’agressivité de certains clients, la clientèle est de plus en plus difficile, il faut beaucoup de patience et de diplomatie pour faire ce métier."
Que conseilleriez-vous à un porteur de projet aujourd’hui ?
"La franchise, certains vont s’en accommoder, d’autres pas car ils ne trouveront pas la totale liberté qu’ils recherchent dans leur entreprise. Pour nous, c’est un atout indéniable, même si certains aspects sont parfois difficiles : nous dépendons d’un groupe Belge, la culture du monde d’entreprise et la vision de notre univers sont parfois éloignées, et cela peut poser quelques problèmes.
La création d’une entreprise est une aventure, si on a un peu de capital, ça vaut le coup de se lancer. Il faut avant tout être un commerçant et un gestionnaire, et être un minimum visionnaire (savoir anticiper). C’est bien également d’avoir une expérience avant de se lancer. Cela permet de ne pas reproduire les erreurs du passé, car lorsqu’on créé, la marge d’erreur possible est faible."
mardi 6 mai 2008
Benoît JUPONT créé un magasin de cuisine équipée sous franchise
Benoît JUPONT, ancien dirigeant d'une grande enseigne française de mobilier, a décidé en 2005 de s'installer à Anglet. Nous allons découvrir à travers son parcours le mode de création d'entreprise sous franchise :
Au niveau de la communication, je bénéficie de campagnes nationales : radio et même spots télés fin 2007, et de nouveaux sont prévus en 2008. Un catalogue est aussi édité au niveau national, son impression, sa distribution est prise en charge totalement en contrepartie du reversement d’un certain pourcentage de notre chiffre d’affaires en participation publicitaire. Je conserve également un budget communication personnel sur lequel je suis totalement indépendant. Il me permet de me faire connaître au local : pages jaunes, campagne 4x3, affichages / camions, …
Au niveau de la gestion du personnel, nous avons travaillé conjointement et de façon croisée avec un coordinateur réseau pour la sélection des candidats, les entretiens.
Enfin sur le volet gestion commerciale, la période de lancement est particulièrement encadrée : une personne est là en permanence la 1ère semaine d’ouverture, puis 2 fois par mois. Aujourd’hui, 2 ans après le lancement, nous nous voyons 2 fois par an environ.
Notre gamme de clientèle est très large, nous vendons des cuisines pour tous les budgets, le panier moyen se situant entre 4500 et 5000 €."
Vous pouvez rendre visite à Benoît JUPONT et à son magasin IXINA 20 Rue du Pont de l'aveugle 64600 ANGLET
mercredi 30 avril 2008
Faut-il être « Basque » pour entreprendre au Pays Basque ?
Peio OLHAGARAY de la CCI de Bayonne n’est pas tout à fait de cet avis : « Aucune spécificité liée à la création n’existe selon moi au Pays Basque. Il faut comme partout bien étudier son projet, analyser le marché potentiel, savoir s’entourer … . Il ne faut pas qu’un créateur croit que le seul fait de s’installer au Pays Basque est un gage de réussite. La connaissance du réseau local est un plus, bien entendu. Mais un créateur « nouveau arrivant » qui propose un concept original, bien étudié peut réussir autant qu’un local. »
Charles Martinez de la Chambre des Métiers rejoint cet avis, du moins pour ce qui est de la réussite à long terme : « Le pays basque intérieur évolue dans des mentalités « rurales ». Les chefs d’entreprises sont jugés sur leurs compétences, et leur « côte » professionnelle est vite propagée par le bouche à oreille. Autant dire qu’il faut partir d’entrée sur de bonnes bases, le créateur n’a pas droit à l’erreur. On peut réussir même si l’on n’est pas originaire du Pays Basque, mais il faut à ce moment là un atout professionnel incontestable. Le « fils de » bénéficiera d’emblée de la réputation de ses parents, mais il devra aussi faire ses preuves sans quoi … »
Marie Annick MOURGUIART, responsable de l’agence PRO du Crédit Agricole de Bayonne, nous fait part de son expérience : « Sur Bayonne, c’est un peu pareil, c’est en fin de compte un « petit village ». Les gens sont plus attachés à l’homme qu’à son entreprise. On a vu bien des fois des affaires florissantes, surtout dans le milieu des cafés et restaurants, être reprises par de nouvelles personnes qui n’ont pas su maintenir un « esprit maison », et qui se sont vite retrouvées en baisse d’activité parfois de façon spectaculaire.
lundi 28 avril 2008
La Plateforme d'initiative économique BULTZA : Un tremplin pour les Créateurs et Repreneurs en Pays Basque
Marie Annick MOURGUIART, Responsable de l'Espace Pro du Crédit Agricole de Bayonne et Charles Martinez, Directeur de Bultza.
"Bultza est la première plateforme de son genre qui a vu le jour en Aquitaine. Elle était dédiée au départ à l’accompagnement des créateurs et repreneurs du Pays Basque intérieur. La motivation initiale des concepteurs de la plateforme était un appui économique aux entreprises. Il y a une dizaine d’années, les résultats des entreprises étaient catastrophiques, les investissements vieillissants, la démographie en décroissance … les suivis de ces entreprises entrepris par la chambre des métiers et la chambre de commerce étaient lourds. Nous avons regardé ce qui se pratiquait ailleurs, nous avons alors repris le concept des plateformes d’initiative économique en l’adaptant à nos besoins. Le démarrage a eu lieu en juillet 1998, mais il a fallu plus d’un an pour être opérationnel. Le premier comité s’est tenu en décembre 1999 : être le premier n’est jamais facile !
L’objectif de départ était jugé ambitieux, il était question d’appuyer 15 projets par an. Aujourd’hui nous en accompagnons 45 uniquement sur le périmètre du Pays Basque intérieur.
En janvier 2008, la plateforme Bultza à ouvert son activité à la « côte Basque » en créant un comité spécifique. Elle est dédiée seulement à l’accompagnement des reprises avec départ en retraite du cédant et à la création d’activités de production et de services à la production. L’idée est d’entrer dans une dynamique de « conserver et consolider l’existant » et d’intervenir en création sur les secteurs où il y a peu de projets.
Jusqu’à présent, le lauréat type accompagné par Bultza (pays basque intérieur) est une création, dans l’activité du bâtiment (40 % des dossiers), avec 2 personnes actives. L’artisanat regroupe 80 % des dossiers, le commerce 20 %.
Les dossiers sont montés par les 2 chambres consulaires (Chambre de commerce et chambre des métiers), les associations locales de développement que sont l’ODACE (Mauléon), INDAR (Saint Palais) et ALDATU (Hasparren), ils assurent ensuite le suivi de l’entreprise. Le comité d’attribution de l’intérieur regroupe en plus des 2 consulaires, quatre banques (Crédit Agricole Pyrénées Gascogne, Caisse d’épargne et Banque populaire, F.B.F) un expert comptable ainsi que 3 chefs d’entreprises (1 PME, 1 artisan et 1 commerçant) et HERRIKOA.
Tous les projets sont notés par le comité sur des critères économiques, financiers, de compétences et environnementaux. Le comité décide ensuite de financer via un prêt d’honneur à taux zéro les projets jugés fiables. Le créateur poursuivra ensuite avec son partenaire bancaire la mise en place du financement, à l’aide de Prêt à la Création d’Entreprise (PCE) ou/et de Prêts complémentaires.
En 2007, le Crédit Agricole Pyrénées Gascogne a, à lui seul, financé 3 dossiers sur 4 acceptés par le comité. La densité de son réseau est un critère important de choix, le bouche à oreille des créateurs a aussi un fort impact."
mercredi 23 avril 2008
La CCI de Bayonne : Carrefour des activités Economiques du Pays Basque
" La Chambre de Commerce et d'Industrie de Bayonne a trois missions principales :
~~ L’appui au développement des entreprises et des territoires
~~La gestion d’équipements : ports (Bayonne, Saint Jean Luz, Lahonde), zones d’activité, pépinières d’entreprises, hôtels …
~~ La formation professionnelle initiale et continue : les CCI sont le 2ème opérateur français de formation après l’éducation nationale. La CCI de Bayonne gère 2 écoles : l’EGC (Ecole de Gestion et de Commerce) et l’ESTIA (Ecole d’Ingénieurs à Bidart)
L’appui aux entreprises se décline en 3 axes principaux : la création (25 %), le développement (65 %) et la transmission (10 %)".
" Nous avons créé un centre d’appel pour la création. Ce centre oriente les projets selon Trois catégories A – B – C selon le degré de maturité du projet, ce qui nous permet une réponse et un conseil adapté dans le temps. Ce centre reçoit l’appel de 2500 personnes par an.
Nous offrons une réelle prise en charge, le porteur de projet part de chez nous avec une véritable « feuille de route ». Des ½ journées de formations sont aussi organisées pour approfondir un thème ou un autre. 450 à 500 RDV par an sont pris par nos équipes pour la qualification du projet et sa conduite.
Nous avons également mis sur pied des pépinières d’accueil pour ces créateurs : Bidart, Saint Palais, Mauléon, Hasparren et bientôt une nouvelle sur Bayonne autour du thème des sports de Glisse.
Notre projet actuel est la mise en place d’un guichet unique, avec un renforcement important de l’outil INTERNET dans l’accompagnement concret des créateurs … cet outil verra le jour dans le courant de l’année 2008, nous aurons l’occasion d’en reparler …
vendredi 18 avril 2008
A la conquête du Pays Basque
C’est ce que je vous propose de découvrir ensemble ces prochaines semaines sur le BLOG. Nous partirons ensemble à la rencontre de décideurs locaux, de représentants de la chambre de commerce, de la chambre des métiers, mais aussi bien-sûr de créateurs et repreneurs qui ont tenté leur chance sur ce territoire.
Alors rendez-vous ces tous prochains jours et ... Ongi ettori euskal herrian !
lundi 14 avril 2008
Nouveaux Elus : Pensez à votre assurance Responsabilité Civile
M. Philippe LABORDE, maire de Morlanne (64)
Comme dans une création d’entreprise, le démarrage d’une équipe municipale, comme toute collectivité publique (communauté de communes, associations, maison de retraite …) impose de se poser d’entrée les bonnes questions, et notamment celle de l’assurance des membres du conseil municipal. En effet, les risques inhérents aux activités des élus et à leur responsabilité ne sont pas neutres : accidents corporels, responsabilité personnelle sur décisions prises, manquement aux obligations légales ... Et ce n’est pas parce que l’on se trouve dans une petite commune que l’on est moins exposé : c’est justement dans les plus petits villages que le maire ou l’un de ses conseillers se retroussent bien souvent les manches pour aller dégager la rue du village, encombrée par une branche après une tempête !
SMACL Assurances (Assureur Français N°1 des collectivités Publiques) et le Crédit Agricole propose une couverture de l’ensemble de ces risques sous la forme du contrat ALEASSUR : contrat personnel sans franchise comprenant une garantie assistance à la personne IMA dans le monde entier. Les tarifs aussi sont adaptés : moins de 120 € / an suffisent à couvrir l’ensemble des élus d’une commune de moins de 500 habitants.


